
Date de création : 2019
Site officiel : app.dvf.etalab.gouv.fr
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DVF (Demande de Valeur Foncière) : Le guide complet pour connaître les prix de vente réels
Saviez-vous que vous pouvez connaître le prix exact auquel s’est vendue la maison de votre voisin ? Pas une estimation, pas une fourchette issue d’un algorithme : le montant réel, acté devant notaire, inscrit dans les registres de l’État. C’est précisément ce que rend possible la base DVF, ou Demande de Valeur Foncière.
Depuis son ouverture au grand public en 2019, cet outil transforme la façon dont les particuliers, les investisseurs et les professionnels appréhendent le marché immobilier. Encore faut-il savoir l’utiliser et, surtout, en comprendre les limites pour ne pas tirer de conclusions hâtives.
Qu'est-ce que l'outil DVF (Demande de Valeur Foncière) ?
La base DVF est produite par la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP) — autrement dit, Bercy. Elle compile l’ensemble des transactions immobilières enregistrées par les services fiscaux en France : ventes de maisons, d’appartements, de terrains, de locaux commerciaux.
En savoir plus
Pendant longtemps, ces données sont restées cantonnées à l’administration et aux notaires. En avril 2019, dans le cadre de la politique d’Open Data portée par Etalab (la mission de la Direction interministérielle du numérique), elles ont été rendues accessibles à tous, gratuitement, sans condition.
Concrètement, la base DVF contient pour chaque transaction :
- Le prix de vente définitif
- La date de la mutation (signature de l’acte authentique)
- La nature du bien (appartement, maison, terrain, dépendance)
- La surface habitable et le nombre de pièces principales
- La localisation via la section cadastrale et l’adresse approximative
Ce niveau de détail est inédit pour un outil public et gratuit. Il permet de reconstituer, bien par bien, l’historique des ventes d’un quartier ou d’une commune.
Comment consulter les données DVF gratuitement ?
L’outil de référence est la carte interactive proposée par Etalab, accessible à l’adresse explore.data.gouv.fr (anciennement explorer.etalab.gouv.fr). L’interface est simple : vous zoomez sur la zone géographique qui vous intéresse, et des bulles apparaissent sur la carte, chacune représentant une vente. Un clic vous donne accès au détail de la transaction.
La navigation est intuitive, même pour un non-initié. Vous pouvez filtrer par type de bien, par période, et obtenir un aperçu rapide des prix pratiqués rue par rue.
Pour ceux qui souhaitent aller plus loin, les données brutes sont également téléchargeables en open data au format CSV — utile pour les professionnels ou les investisseurs qui souhaitent construire leurs propres analyses sur un secteur donné.
Des plateformes tierces comme MeilleursAgents, Castorus ou encore les portails des grandes agences retraitent ces données pour les présenter sous forme de prix au m² moyen par commune ou par quartier, avec des graphiques d’évolution dans le temps. Ces interfaces sont souvent plus lisibles, mais elles impliquent un niveau d’agrégation qui peut masquer les disparités au sein d’un même secteur.
Pourquoi utiliser DVF pour votre projet immobilier ?
La DVF répond à une question que tout acteur du marché se pose : à combien se vendent vraiment les biens dans ce secteur ?
Pour un vendeur, c’est un outil d’ancrage dans la réalité. Plutôt que de se fier à des estimations d’agences parfois optimistes, il peut comparer son bien à des transactions récentes et objectives, sur des propriétés similaires à quelques centaines de mètres. Cela permet de fixer un prix de vente cohérent et d’éviter de perdre du temps avec un bien surestimé.
Pour un acheteur, DVF est un contre-pouvoir précieux. Face à un prix affiché sur une annonce, il peut vérifier si ce montant correspond à ce que le marché a effectivement validé ces 12 ou 24 derniers mois. Si le bien est proposé 20 % au-dessus des transactions récentes comparables, la négociation est justifiée — et chiffrée.
Pour un investisseur, la base va encore plus loin : elle permet d’analyser le dynamisme transactionnel d’un secteur (volume de ventes, régularité), d’identifier des marchés en tension ou au contraire en ralentissement, et de reconstituer les prix au m² réels, hors communication marketing.
Quelles sont les limites de l'outil DVF ?
La DVF est un outil solide, mais il serait malhonnête de ne pas en pointer les angles morts. En faire une lecture trop littérale peut induire en erreur.
Le décalage temporel est la première limite. Les données sont mises à jour avec un délai qui peut atteindre 6 à 9 mois entre la signature de l’acte et la publication dans la base. Dans un marché en mouvement rapide — à la hausse comme à la baisse — cet écart peut fausser l’analyse. Les prix que vous consultez aujourd’hui reflètent le marché d’hier.
L’absence de contexte qualitatif est probablement la limite la plus importante. DVF vous dit qu’un appartement de 65 m² s’est vendu 280 000 € dans telle rue. Elle ne vous dit pas s’il était entièrement refait à neuf, s’il donnait sur une cour intérieure calme ou sur un boulevard bruyant, ni s’il était en rez-de-chaussée sans vis-à-vis ou au dernier étage avec vue dégagée. Deux biens identiques sur le papier peuvent valoir 15 à 20 % d’écart selon leur état et leur exposition. DVF ne capture pas cela.
La couverture géographique est incomplète. L’Alsace, la Moselle et Mayotte ne sont pas intégrés à la base DVF : ces territoires relèvent d’un système de publicité foncière spécifique, le livre foncier, géré différemment. Si votre projet se situe dans l’un de ces territoires, il faudra vous tourner vers d’autres sources.
Enfin, le prix affiché dans DVF est le prix net vendeur, c’est-à-dire le montant effectivement perçu par le vendeur. Les frais de notaire (entre 7 et 8 % dans l’ancien) et les éventuelles commissions d’agence ne sont pas inclus dans le montant affiché si elles ont été portées par l’acheteur séparément. Le coût total de l’acquisition pour l’acheteur peut donc être sensiblement supérieur à ce que la base indique.
DVF vs Patrim : quelle différence ?
Patrim est l’autre outil public de référence pour consulter les prix immobiliers. Accessible depuis l’espace personnel du site impots.gouv.fr, il s’appuie sur les mêmes données de la DGFiP mais propose une interface davantage orientée vers l’estimation fiscale : calcul de la valeur vénale d’un bien dans le cadre d’une succession, d’une donation, ou autrefois de l’ISF.
Patrim offre des filtres plus fins et une présentation des résultats mieux adaptée à une comparaison bien-à-bien. En contrepartie, il nécessite une authentification via France Connect et son usage est limité à 50 consultations par période de 3 mois.
En pratique : DVF est plus accessible et plus adapté à une exploration large du marché. Patrim est plus pertinent lorsqu’il s’agit de justifier une valeur précise auprès de l’administration fiscale ou dans un cadre notarial.

Ce qu'il faut retenir
DVF est un outil de premier plan pour tout acteur du marché immobilier qui veut travailler sur des données réelles plutôt que des estimations. Il apporte une transparence inédite sur les prix pratiqués et constitue une base de travail fiable pour préparer un achat, une vente ou une stratégie d’investissement.
Mais il reste ce qu’il est : une base de données brute. Elle vous donne les chiffres, pas la réalité du terrain. L’état d’un bien, sa configuration, son exposition, ses travaux à prévoir : autant de variables que seule une visite physique permet d’intégrer. Et pour affiner une estimation en vue d’une transaction ou d’une démarche fiscale, le recours à un professionnel, agent immobilier, notaire ou expert foncier, reste indispensable pour contextualiser ce que les données ne peuvent pas dire.
Questions fréquentes
Où puis-je consulter les dernières ventes immobilières en France ?
Qu'est-ce que la base de données DVF ?
Comment utiliser l'outil DVF pour accéder aux prix de vente fonciers ?
Quelles sont les limites ou exclusions des données DVF ?
La DVF présente plusieurs angles morts : un délai de publication pouvant atteindre 6 à 9 mois, l’absence totale d’information sur l’état intérieur du bien, et une couverture géographique incomplète : l’Alsace, la Moselle et Mayotte en sont exclus. Le prix affiché est également net vendeur : les frais de notaire et commissions d’agence n’y figurent pas.